Après notre trajet de la veille entre Shanghai et Sanqingshan ( lire ou relire En route vers Sanqingshan !), le lendemain matin tôt, nous voici fin prêts pour une randonnée de plusieurs heures dans les montagnes. Doudounes, écharpes, et bonnes chaussures deviennent subitement nos meilleures alliées pour cette journée sportive en altitude. Le ciel est bleu. A nous la montagne !

Le bâtiment des tickets, à deux pas de notre hôtel, est vite atteint, mais la foule qui fait déjà la queue nous fait comprendre que le temps d’accès aux guichets sera plus long… Pendant l’attente, nous assistons à une prise de bec entre deux Chinois. Il est décidément temps d’arriver là-haut pour libérer les tensions. Une heure plus tard, les tickets sont achetés.

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La cabine du funiculaire nous enferme et nous fait voler au-dessus des forêts dans un silence inhabituel… Nos voisins passagers supportent difficilement ce mode de transport. L’une passe le trajet à éructer.

Là-haut, le paysage éblouit, aucun building ni fil électrique à l’horizon, seul les arbres, les roches, le soleil et le ciel nous dépassent. L’air frais circule librement et ne véhicule aucune odeur de travaux, de voiture ou de cuisine. Nous commençons à marcher et nous retrouvons vite sur des passerelles fixes, suspendues au-dessus du vide. A première vue, le matériau de construction semble être le bois. Après une vérification de la plus haute qualité selon les normes internationales en vigueur, le béton se dévoile. Tant mieux, nous pouvons continuer notre aventure sereinement…

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Notre trajet alterne chemins plats, en côte et en pente. Nous ne sommes évidemment pas seuls en cette semaine de nouvel an chinois, mais le nombre de co-randonneurs parait plutôt acceptable et le grand air semble adoucir les mœurs. Nous croisons le chemin de jeunes femmes en talons hauts –comment est-ce possible, pensent-elles se trouver un mari dans la montagne ?- jeunes hommes suçant des stalactites d’« eau pure », et familles avec enfant unique.

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Vers midi, nous arrivons à un lieu de restauration dont le menu et le décor sont sans prétention aucune : bols de nouilles déshydratées (fangbian mian) et paquets de biscuits disposés sur des tables attendent les randonneurs. Le prix du bol de nouilles est multiplié par trois par rapport aux prix pratiqués à Shanghai. Ce n’est pas grave, nos ventres crient famine. Le bol de nouilles chaudes savouré au soleil devant un paysage superbe nous ravit les papilles…

Rassasiés, nous repartons ensuite pour le reste de la randonnée. Nos muscles montrent des signes de fatigue et quelques chemins se révèlent difficiles car, étant restée à l’ombre, la neige n’a pas fondu et est même devenue verglas par endroit. C’est alors la guerre pour pouvoir s’accrocher à la rambarde entre ceux qui montent et ceux qui descendent. La tension est à son comble quand surgit sur le chemin des randonneurs un homme à la peau tannée et au physique sec, venant d’emprunter une voie dangereuse et secrète de la montagne, connue seulement des autochtones… Il tient à la main quelques paires de crampons que nous nous empressons de demander avant qu’ils ne disparaissent aux pieds des autres randonneurs. Nouvellement chaussés de ces semelles inesthétiques, nous envisageons presque sans crainte les chemins verglacés et ne nous laissons pas bloquer par les bouchons créés par le méchant perturbateur naturel.

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En milieu d’après-midi, nous apercevons plusieurs brancardiers transportant ceux pour qui la fin de randonnée se révèle trop difficile. J’hésite un instant à prendre un ticket pour ce mode de transport mais tente de me ressaisir. Il est plus noble de terminer la randonnée avec mes propres jambes, me semble-t-il.

Vers 16h, nous arrivons enfin à la station pour reprendre le funiculaire dans l’autre sens. La journée a été revitalisante. Nous sommes assurés de bien nous endormir ce soir…

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