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Fleurs7S’il devait y avoir un vote pour élire le pays où les toilettes sont les plus sales (sait-on jamais, ce vote pourrait survenir dans un bar, au Consulat de France, etc.), je choisirais sans hésitation la Chine. Les WC de ce pays génèrent un suc inégalable qui est très loin de laisser nos sens indifférents. Ce suc provoque souvent l’équivalent d’une claque ou, pire, d’un coup de fouet.

Les toilettes publiques des aires d’autoroutes ne sont pas les plus remarquables. Ce sont celles des étages des tours du centre-ville, où sont hébergés les bureaux. Malgré une apparence soignée et propre, les employés des open spaces ne sont pas les plus délicats. Vous allez comprendre pourquoi.

Hier matin, je me rends aux toilettes de l’étage. Une fille élégante en robe et talons sort et me laisse la place. Une légère odeur chaude et acide flFleurs1otte dans l’air, tandis que quelques résidus de crottes flottent dans l’eau, n’ayant pu être évacués par la faible pression de la chasse d’eau. J’attends quelques minutes que celle-ci se remplisse pour la tirer de nouveau et faire place nette.

Après le déjeuner, je me dirige de nouveau vers les toilettes. Personne. J’entre alors dans l’espace du trône. Un amoncèlement de papier toilette usagé de couleur bronze, ocre ou noire, ou les trois à la fois, dépasse de la mini-poubelle. Heureusement, une artiste est venue déposer une cerise sur le gâteau : une serviette hygiénique ouverte, face rougie vers la porte, complètement décomplexée… En Chine, les femmes n’ont pas honte de leurs règles. Mes collègues me parlent des leurs le matin, lorsqu’elles se préparent une concoction de plantes calmant les douleurs abdominales.

Fleurs4Plus tard dans l’après-midi, je retourne aux toilettes (c’est normal, je bois beaucoup d’eau…). Trois personnes attendent. Un bruit de gaz que l’on presse de sortir par un tout petit trou s’échappe des murs. Le repas du midi a visiblement rendu la digestion difficile. La file d’attente ne réagit pas du tout au massacre qui se déroule de l’autre coté de la porte et continue de jouer sur son téléphone.

Je refuse d’écouter ce concerto aux accents de tristesse, et m’enfuie par les escaliers à l’étage du dessous. Les toilettes y seront sans doute moins dangereuses ? Ici, aucun bruitage et pas de file d’attente. Je pousse l’une des portes et aperçoit une femme accroupie sur la cuvette, qui repousse brutalement la porte vers moi. Vu la position de défection, elle ne connait sans doute pas l’existence de la fermeture à l’intérieur. Je décide aussi de ne plus m’assoir sur les cuvettes sans y installer dorénavant au moins trois couches de papier toilette. On ne sait jamais ce qui peut se trouver sous les semelles des chaussures…

Les toilettes chinoises ne peuvent pas être appelées petit coin, cabinets, waters, WC. « Chiottes » semble être le terme le plus approprié, puisqu’on y pisse et qu’on y chie sans chichis … Les chiottes chinoises sont malheureusement devenues un incontournable du pays. Faudrait-il en parler dans le Guide du Routard ? 🙂

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