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Bassin d'Arcachon

Les deux semaines passées chez mère patrie à manger du fromage et des huîtres, boire du vin, lire des magazines de mode ou intellos, sous les branches dansantes du saule pleureur du jardin familial ou à l’ombre des pins de Provence ou du bassin d’Arcachon, dans une atmosphère chaude mais souvent brisée par le souffle du littoral, ont été un délice, un régal, que dis-je, un petit paradis sur Terre !

Après presque 24 heures de trajet depuis la France, le taxi shanghaien nous dépose au pied de notre immeuble. Une chape de plomb s’abat alors sur nous sans crier gare. La respiration devient difficile et la peau transpire rapidement. La tenue de voyage, adaptée à la climatisation forte de l’avion et des aéroports, n’est pas du tout de saison (Petit pull marin et pantalon…). Il va falloir fouiller dans l’armoire pour retrouver les robes légères de l’année dernière.

Calanque Marseille

Mes oreilles sont tout à coup attentives à un bruit sonore venant des platanes, proche de celui d’un comprimé d’aspirine effervescent géant dans un verre d’eau démesuré. Ce sont les cigales qui nous accueillent avec leur concert estival. Comment ai-je pu oublier cette chorale présente tous les étés ? Leurs cousines de Marseille que nous avons rencontrées la semaine dernière ne sont pas aussi enragées…

Nous montons avec peine nos valises dans les escaliers jusqu’à notre appartement, qui a gentiment stocké toute la chaleur possible, au cas où nous aurions un peu froid à notre retour. Quelques vêtements qui trainaient ça et là présentent quelques moisissures, aux mêmes endroits que lors des dernières vacances. Nous penserons à les ranger dans les armoires la prochaine fois…

Assommés par les heures de trajet, nous nous couchons presque aussitôt. Le matelas est si confortable comparé au siège et au hublot de l’avion ! Je m’enfonce dans les plumes et dans un sommeil infini…

Saint-Huruge

Le lendemain, une envie de salade composée me prend ! Une de celles des vacances, avec roquette, melon, fromage de chèvre, tomates cerises, jambon de parme et mozzarella. Je réfléchis au lieu des courses, mais la réalité me rattrape comme un boomerang : ces denrées ne sont pas courantes ici, il faut se rendre dans un magasin d’expat’, et la salade composée va couter une fortune ! Argh ! Je revois mes envies à la baisse selon les prix du marché. Des courgettes garnies de fromage frais à tartiner Milkana (marque allemande connue uniquement à Shanghai) et passées au four feront l’affaire !

Pour le diner du soir, nous décidons de voir des amis dans un restaurant. J’appelle pour réserver une table. Une voix au bout du fil répond :

« Hello, may I help you ?

– Hello, I would like to book a table for five people today at eight”.

– Ok, for how many people ?

– Five.

– At what time ?

– Eight.

– What is the name of the reservation ?

– Lydie.

– Nini, ok. Thank you, bye bye .“

La communication qui était facile pendant les vacances redevient pénible. Un mur de verre me sépare des Chinois, même anglophones… Dois-je me rappeler qu’ils sont plus d’1,3 milliards ? Pendant les deux semaines françaises, je pouvais, sans l’aide de mon chéri, plus sinophone que moi :

  • Demander au supermarché où se trouve la farine ;
  • M’enquérir auprès du serveur de la composition du Kir bordelais mentionné sur la carte ;
  • Expliquer à la coiffeuse que je voulais une tresse sur la nuque pour un mariage ;
  • Indiquer au réparateur d’ordinateurs (de chez Docteur Ordinateur pour ceux qui connaissent ;)) les nombreux problèmes de mon cher et tendre Asus rose.

Dans cette agitation de mon esprit, mon bon sens refait surface un instant : la France des vacances n’est pas celle du quotidien. Le choix de vie à l’étranger n’est pas anodin. Shanghai va redevenir accueillante, il faut laisser passer un peu de temps !

Crédit photos : Rémy Bontemps

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