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P1010115Mon chéri et moi avons décidé de contrer le mouvement général en partant au soleil plus d’un mois après les vacances du Nouvel An chinois. Après multiples fouilles et recherches, la destination choisie se révèle être les Philippines. Pendant cette saison, les plages couvertes par la chape des vapeurs du soleil tout puissant ne devraient pas nous trahir. Nous rêvons la nuit et même le jour, pétrifiés par les températures gelantes de Shanghai, de chaleurs caressantes, sable blanc, eau claire turquoise, baignades délassantes et viandes grillées sur barbecues de fortune…

23032014-DSC00102dng4h30 du matin, atterrissage à l’aéroport de Manille. La température élevée nous choque. Nous entrons dans un taxi qui ne nous arnaque pas, pour attraper le bus qui nous mènera à San Antonio sur la côte. La capitale ne dort pas et respire à plein poumons ! Des voitures pressées parcourent la voie expresse, les ampoules des échoppes aux toits de tôle brillent jaune, les jeepneys, minibus de ville, longues boîtes de conserve ambulantes et bariolées, sont déjà remplis, les habitants marchent dans les rues. Certains enfants sont pieds-nus. Le bruit et la poussière envahissent l’espace.

Le bus nous coupe de l’atmosphère étouffante en nous sortant de la ville, pour un trajet de plusieurs heures à vitesse d’escargot. Des marchands ambulants montent à des arrêts et proposent pêle-mêle bracelets, porte-clés, sachets de cacahuètes, pastilles sucrées, œufs de cailles et fruits en forme de navets. Les banquettes à trois places augmentent la promiscuité avec des Philippins de tous gabarits…

Nous arrivons enfin à San Antonio. Impossible de trouver l’office du tourisme ! L’accueil de la mairie fait l’affaire avec ses quelques cartes. Pour embarquer sur le bateau qui nous emmènera sur la plage de Anawangin, destination finale, nous devons d’abord prendre un side-car local avec des autocollants hologrammes. Une vieille mobylette remplace la moto habituelle et la voiturette est supplantée par une cage métallique qui, on nous le confirme, pourra nous contenir tous les deux. Avec les sacs, le volume de la cage est quasi-comblé. Heureusement, la plage est proche.

30032015-DSC06848dngBenz, casquette vissée sur la tête, corps fin et bronzé, se trouve sur notre chemin et nous propose son embarcation, barque motorisée et colorée. Nous pactisons avec lui sur plusieurs trajets maritimes pour les jours qui viennent. Son regard fixe et couleur sombre me fait penser à celui d’un lémurien. Nous montons à bord du Philippines avec son acolyte… Le soleil rugit de toute sa force sur nos peaux juste découvertes des épaisseurs portées depuis Shanghai. La mer bleu transparent s’empare du sol au fur et à mesure que nous nous éloignons de la côte. Les vacances commencent enfin.

29032015-DSC06224dngLa plage d’Anawangin s’étire au pied des montagnes. Benz élève en deux temps trois mouvements notre tente dans un petit campement à l’ombre. Des Philippins bien portants arrivent avec des glacières emplies de victuailles. Les tenues de ville laissent place aux maillots de bain qui triomphent. Le désir de la plage se fait plus fort et nous pousse vers l’étendue de sable. Les pieds brûlent et les yeux se plissent sous les rayons puissants. Une paillotte abrite des tables et bancs en bois. La patronne, quinquagénaire aux sourire édenté et ongles manucurés, nous propose un halo halo. Mon chéri choisit pour nous deux la saveur melon. Arrive alors sur la table un gobelet en plastique de glace pillée, lait de coco et melon râpé. Le mélange solide et inédit se dissout après quelques minutes pour laisser place à une boisson fraiche au goût… original !

De la paillotte, le spectacle sur la plage vaut le détour : les bateaux multicolores tanguent inlassablement sur l’eau scintillante, des Philippins explosent de rire en tapant dans le ballon chaud de part et d’autre du filet de volley, les rouges à lèvres rose fuchsia des filles et des lady boys se disputent la vedette, les marchands suants déambulent avec leurs breloques et pacotilles. Le soleil détient incontestablement la place du maitre de ces lieux.

29032015-DSC06325dngAnawangin promet l’accomplissement de nos espoirs de Shanghai. Le clapotis de l’eau qui s’épanche sur le sable mouillé nous appelle de sa mélodie enchanteresse. Nos corps à présent immergés oublient par magie les tensions de l’hiver, tandis que des fumets de grillades nous chatouillent les narines…

(Crédit photos : Rémy Bontemps of course ;))

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