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Salle de sport1Après un an d’exercice sur les jeux d’entretien physique des parcs de la ville, mon corps réclame de se surpasser. Les équipements mis à la disposition du public permettent de s’étirer les bras grâce à des cordes à sauter suspendues à des poulies, entretenir son tour de taille en faisant pivoter à droite et à gauche le bas du corps, les pieds placés sur un socle mobile, ou alors remuer ses jambes sur un stepper vert ou jaune première génération, sans aucune programmation possible et parfaitement adapté pour la sécurité des enfants et des personnes âgées.

Comment faire du sport à Shanghai ? Dois-je contacter la mairie pour obtenir la liste des associations ? On ne fonctionne pas comme ça ici… Suis-je dans l’obligation de rejoindre les soirées dansantes des mamies dans les squares, dont le volume de musique atteint la capacité maximale du transistor? Hum, pourquoi pas dans quelques années… Finalement, la solution la plus simple est celle de s’inscrire dans la salle de gym du quartier.

Comme les sacs, les chaussures et les loyers, le coût d’inscription se négocie… Il faut croiser le fer avec le responsable du centre, probablement un ancien champion de boxe catégorie poids lourd. La lutte se révèle âpre. Après 2 heures, mon adversaire et moi-même nous accordons sur un montant, qui doit être versé en cash immédiatement. Le mastodonte, devenu mon meilleur allié, m’emmène dans son superbe 4×4 noir trouver un distributeur. Pour pimenter le jeu, la pluie nous surprend et nous bloque sur la route pendant une demi-heure. Nous célébrons le pacte lorsque je lui remets finalement la somme convenue. Je rentre avec 3 heures de retard, alors qu’« un petit tour à la salle de gym » avait été annoncé…

Carte de membre en main, je choisis de commencer par le cours de yoga, activité à la mode à Shanghai. La séance est rapidement écourtée puisqu’il m’est impossible de, en même temps, fermer les yeux et suivre les instructions en chinois.

Mes pas me dirigent alors vers le coin fitness, où plusieurs canons courent sur des tapis de course, s’essoufflent sur des vélos et suent sur des steppers. Juste à côté se trouvent les appareils de musculation. Des Chinois au physique impressionnant soulèvent des poids démesurés tout en poussant des râles de douleur qui résonnent. Je préfère me tourner vers les machines de fitness… Le stepper permet un effort heureusement plus soutenu que ceux effectués dans les parcs sur les installations municipales. Je teste aussi pendant un moment les autres machines qui agissent directement, au choix, sur le dos, le ventre, les fesses, etc.

Heureuse et décontractée par l’activité, je gagne les vestiaires. Les femmes exhibent leurs corps, se promènent et discutent, parfois même poitrine contre poitrine en cas de confidences… La nudité semble naturelle et libératrice. Je décide alors de m’affranchir à mon tour. Les regards absents deviennent subitement perçants. Suis-je si étrange qu’on veut me le faire penser? Perturbée, je fuis lentement vers le sauna. Le trouble partira certainement en fumée grâce à la chaleur des braises…

PS : Ma nouvelle « Lueurs à Shanghai » est publiée sur le site aufeminin.com! Vous pouvez la trouver sur : http://www.aufeminin.com/ecrire-aufeminin/lueurs-a-shanghai-s795090.html. Si vous la kiffez, likez-là !

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