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Marguerite Duras

Marguerite Duras a un siècle cette année. Pour l’occasion, un hommage brillant, à l’image de cent bougies de gâteau d’anniversaire mais aussi de son œuvre, lui est rendu lors de la Semaine Littéraire Internationale du Salon du livre de Shanghai. Un retour au continent de l’enfance pour l’écrivain qui est née et a grandi en Indochine française.

Une série intitulée « Marguerite Duras, 15 ans de portraits » est exposée jusqu’au 3 septembre au Sinan Mansions, ensemble de demeures coloniales avec parquet et escaliers en bois. Hélène Bamberger, photographe professionnelle, a immortalisé plusieurs instants de la vie privée de l’auteur en Normandie, Paris et sa région, entre 1980 et 1994. On la voit aux Roches Noires, résidence magnifique de Trouville, aux côtés de Yann Andréa, que la passion des livres de Duras a conduit jusqu’à elle. Ses moustaches frétillantes de jeunesse se languissent d’amour pour les rides de Marguerite… Le cliché qui me marque le plus est celui du bureau, jonché de feuilles noircies de lignes d’écriture rayées et corrigées à différents endroits. Je tente de lire les mots tracés à l’encre pour deviner l’œuvre qui se préparait alors. En vain !

DUras et Andrea

Lors du vernissage, Hélène Bamberger montre par sa réserve touchante devant les médias qu’elle préfère rester dans l’ombre. Pierre Assouline, journaliste, écrivain et membre de l’Académie Goncourt, se balade discrètement parmi les visiteurs, observant et capturant avec son téléphone portable.

Je retrouve quelques jours plus tard Pierre Assouline pour la projection de son autofiction « Le siècle de Duras ». Calme et souriant, il accueille les spectateurs à l’entrée de la salle et me fait croire que l’évènement fait un bide. En réalité, une centaine de personnes scrutent impatiemment l’écran… Le documentaire est instructif, le rythme enlevé, et couvre les évènements ayant marqué la vie de l’écrivain : la concession qui a ruiné sa mère en Indochine, la jeunesse communiste, la disparition du mari et de l’enfant, l’alcoolisme, le mitterrandisme et le prix Goncourt pour L’Amant. Marguerite Duras commente elle-même les images du film, critique De Gaulle et nargue Mitterrand. A la fin, on en demande encore… La petite dame aux cols roulés est passionnante !

Marguerite Duras est plus vivante que jamais. Que dure Duras !

Allez découvrir le blog de Pierre Assouline, La République des Livres. Il est riche, riche, riche !!! :  http://www.larepubliquedeslivres.com.

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