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Photo 1Message à l’attention des membres de ma famille : J’ai regardé un film de boules malgré moi. Ne croyez surtout pas que Shanghai m’a pervertie, qu’à présent je passe mes journées avachie sur le canapé, des bières sur la table basse, à mater des films pornos, le regard rougi par l’excès des spectacles vicieux… La réalité est toute autre. Des personnes mal intentionnées m’ont bâillonnée avec l’intention de me forcer à rester assise et ont placé des allumettes entre mes paupières afin que mes yeux restent ouverts devant le film de boules qui défilait.

Message à l’attention des amis et autres visiteurs du Carnet de l’étoile : La Chine me conduit sans cesse d’une découverte à l’autre. Après pêle-mêle, les pattes de poulet à grignoter, la sieste au bureau, les chaussettes dans les sandales, la muraille de Chine et la place Tien An Men, je voulais faire connaissance avec le film de boules chinois qui, m’avait-on prévenu, « vaut son pesant d’or ».

La pochette du film de boules que j’ai soigneusement sélectionné au rayon X du DVD store du quartier présente une bande de jeunes aux bustes parfois nus. Les filles regardent avec concupiscence, les seins gonflés de désir. La photo laisse présager des scènes érotiques et peu de pornographie…

Le scénario débute par l’arrivée dans un appartement aux immenses baies vitrées d’une bande de jeunes chinoises, vêtues de robes ultra-moulantes, ondulant des hanches et très excitées de visiter un endroit si amazing. Quelques gros plans rapides sur les fesses et quelques décolletés, et l’histoire principale éclate : une jeune fille très riche s’éprend d’un jeune garçon très pauvre, le père de la riche héritière s’oppose à leur relation, la fille quitte la maison familiale pour aller vivre chez son amant dans une chambre de bonne sans fenêtres, les deux tourtereaux échangent des lapins en peluche pour sceller leur amour. Malheureusement, un samedi soir en discothèque, la demoiselle manque de perdre connaissance après un excès de champagne et se fait raccompagner par un autre garçon, alors que son amoureux travaille à la caisse d’une supérette. La DJ de la discothèque informe le courageux caissier. C’est la rupture.

D’autres personnages gravitent autour des héros. Ce sont eux qui donnent un petit quelque chose à se mettre sous la dent et qui justifient, bien mal tout de même, le titre de film de boules… Comme ce dragueur invétéré qui se retrouve assis sur la cuvette des toilettes de la discothèque, supportant une fille à califourchon tout de cuir vêtue et prenant les choses en main. Ils garderont leurs vêtements et je n’assisterai aux ébats que pendant quelques minutes. Comme aussi ce Chinois aux cheveux décolorés qui réussit enfin à prendre la fille avec qui il « chatte » depuis plusieurs jours. La scène se déroule la nuit, sur les gradins en pierre d’un stade. J’aperçois de loin une épaule et une moitié de dos dénudées.

Finalement, le film de boules chinois s’apparente à un billard vide : sans boules et sans queues. Des esprits railleurs diront que de toute évidence, il n’est pas possible de faire un film de boules avec des Chinois, Dame nature ayant décidé de modifier des proportions…

Le film se termine dans le bonheur : le couple de Roméo et Juliette chinois se reforme grâce à une mise en scène imaginée par l’amoureux en souffrance. Tout est bien qui finit bien pour les amants maudits, mais le spectateur n’a même pas droit à des retrouvailles coquines. Le film de boules chinois est en réalité un film romantique… Pfff, il y a vraiment de quoi se mettre en boule.

PS : Ma nouvelle « Lueurs à Shanghai » vient d’être publiée sur le site aufeminin.com! Vous pouvez la trouver sur : http://www.aufeminin.com/ecrire-aufeminin/lueurs-a-shanghai-s795090.html. Si vous la kiffez, likez-là !

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